3 lauréats pour les Bourses jeunes architectes !

La Fondation EDF a remis 3 bourses de 15 000 € à de jeunes architectes, à l'issue du deuxième jury, le 12 juin à l'Espace Fondation EDF. Les trois lauréats disposent de 15 000 € pour réaliser une étude dans un pays de l’Union européenne. Michael Chomette cherche à « ré-enchanter les espaces délaissés » ; le binôme Julia Tournaire/Charlotte Dalin travaille sur l’instabilité comme « moteur d’habiter » ; tandis que Florian Bosc-Malavergne/Damien Boboc proposent de transformer l’habitat en déconstruisant plutôt qu’en démolissant des d’immeubles. Rensez-vous en décembre 2014 pour la remise des projets !

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« Habiter mieux », ou « comment réinventer un habitat à vivre et accessible par le plus grand nombre » dans un contexte de crise où il faut réfléchir à des modèles inédits. C’est le thème de la 12e édition du programme de Bourses Jeunes Architectes, de la Fondation EDF. Les projets lauréats illustrent les tendances de cette édition et l’esprit des Bourses : recherche et innovation, ouverture sur l’Europe, pluridisciplinarité.

Michael Chomette

Diplômé en 2013 de l’École Spéciale d’Architecture, Michael Chomette propose une réflexion sur le phénomène de décroissance de certaines villes du fait de l’effondrement de l’industrie, des déplacements suburbains et du vieillissement de la population. Quels outils nouveaux architectes ou urbanistes peuvent-il apporter ? Son enjeu est de repérer le potentiel des espaces délaissés et de recréer connexions et articulations entre des morceaux de ville hérités épars. Par un travail de cartographie des strates historiques successives, le projet propose de faire émerger les narrations sous-jacentes qui ont façonné la ville pour ré-enchanter les espaces délaissés.

Son travail fait suite à un Projet de Fin d’Études consacré au quartier des Gorbals, à Glasgow, et plus particulièrement à une tour désaffectée pour laquelle le candidat proposait un nouvel usage : les champignons apparus dans le bâtiment devenant un matériau de compost, et la tour une gigantesque champignonnière destinée à « faire vivre la ville ».

Son projet qui a suscité l’unanimité du jury fait de la crise un point de départ de questionnement sur la ville. Fruit d’un travail d’observation et de réflexion mené avec des ethnologues et anthropologues, sa recherche questionne l’oubli et l’abandon de certaines architectures dans la ville. Il participe à questionner le rôle de l’architecte aujourd’hui qui ne se contente pas de concevoir ou de construire mais qui échafaude les scénarios d’une résilience. La poésie du projet et la démarche du candidat ont séduit les jurés.

Julia Tournaire et Charlotte Dalin

« Néo-collectif. L’instabilité comme moteur d’habiter »

Le projet de ce binôme d’architectes diplômées à l’ENSA-Lyon en 2012 part du constat qu’une frange de plus en plus importante des urbains présente un mode de vie basé sur l’instabilité, notamment du fait de la crise économique et des mutations des modes de vivre et de travailler. Le décalage croissant entre l’évolution de l’emploi et des modes de vie, d’une part, et l’offre de logement d’autre part, est identifié comme un enjeu à résoudre.

Les candidates se proposent de développer une typologie innovante de logement collectif qui intègre l’instabilité comme mode de vie. À partir d’exemples européens et notamment viennois, mais aussi en capitalisant leur expérience du concours Europan 2014 (projet mentionné sur le site de Paris), leur projet consiste à produire un prototype d’habitat destiné aux populations instables et mobiles en territoire métropolitain. Leur projet se démarque des exemples d’architecture communautaires, presque toujours fondés sur une volonté d’ancrage.

Les deux candidates, formant une équipe soudée par une réelle connivence intellectuelle, s’emparent ainsi d’un sujet « dont il faut que l’on parle » en France en jouant sur les deux thèmes du mal-logement et du chômage. Articulant une réflexion sur l’instabilité, la précarité, les modes de financements et les typologies urbaines, elles se confrontent donc à un vaste sujet et se proposent de le traiter de façon intelligente et complète.

 

Florian Bosc-Malavergne et Damien Boboc

« Rien ne se perd tout se transforme »

Ce duo diplômé de l’ENSA Malaquais et de l’ENSA Val-de-Seine s’interroge sur la pertinence de la démolition d’immeubles menées dans le cadre de l’ANRU. De la crise du logement de l’après-guerre à celle d’aujourd’hui, ils dénoncent la violence symbolique de cette pratique en s’appuyant sur le choc de Pruitt-Igoe, à Saint-Louis, démoli en 1972.

Leur projet s’inscrit dans une démarche de transformation, passant par la déconstruction plutôt que la démolition, telle qu’elle a pu être menée par Lacaton + Vassal et Druot sur la tour Bois-le-Prêtre ou Zimmerman & Partners à Cottbus. Leur proposition consiste à développer une typologie de déconstruction : démolition d’un pignon entier, transformation par retrait de palier, addition, arasement des niveaux supérieurs ... Une stratégie qu’ils souhaitent mettre à l’épreuve d’un grand bâtiment occupé à Ivry dont on a décrété peut-être un peu trop vite l’arrêt de mort. Comment essayer de trouver d’autres solutions avec les habitants ? Cette problématique a interpellé le jury considérant qu’on regarde de plus en plus les bâtiments comme des « personnes » plus que des « objets », plus seulement le béton mais aussi la communauté des personnes qui les occupent. Ce projet de recherche-action, qui consiste à chercher des solutions de transmutation novatrices pour un immeuble voué à la démolition, inclut les dimensions financières, sociales et constructives.

Du 22 août jusqu'au 3 octobre 2016,
inscrivez-vous aux trophées des associations

La Fondation EDF remet 32 trophées d'un montant
de 400 000 euros aux petites et moyennes associations qui oeuvrent en faveur des jeunes et qui portent des projets dans trois domaines : citoyenneté et éducation, santé et prévention des comportements à risques, solidarités numériques.

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