Climats artificiels

Voilà tout juste 25 ans que l'Espace de la Fondation EDF  accueille des expositions qui traitent du rapport de l’homme à la nature, de l’art au vivant, ou encore de l’environnement. Parce que l'expression artistique contribue à éveiller les consciences, la Fondation EDF a souhaité donner un écho particulier au grand débat de cette fin d'année 2015 sur les enjeux climatiques. Elle a confié à Camille Morineau les clés de l’Espace pour une proposition originale en lien avec cette actualité. Avec une trentaine d’œuvres, d’artistes de tous horizons, le parti pris est simple : proposer une vision métaphorique des enjeux climatiques, et permettre à chacun de se questionner, et de les appréhender avec poésie. Pour au final mobiliser sa propre conscience.

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Ils capturent les matériaux ou des phénomènes naturels, nous permettent d’observer des substances insaisissables ou créent des tableaux chimiques qui ne cessent d’évoluer. Leurs éclairs sont en néons, leurs cyclones faits d’eau et leurs nuages en écorce de cacahuète ou en céramique. Quand certains nous plongent dans une vague grâce à un effet sonore, d’autres inventent des biosphères de poche pour pallier la pollution urbaine ou nous font caresser le doux rêve de marcher au travers d’un… nuage.
En résonnance à la 21e Conférence des Parties à la convention-cadre des Nations Unies sur le changement climatique 2015 (COP21), la Fondation EDF propose à partir du 4 octobre Climats artificiels, une exposition sensible qui met en perspective le changement climatique à travers la vision d’artistes contemporains de renom, parmi lesquels Marina Abramović, Hicham Berrada, Spencer Finch, Laurent Grasso, Hans Haacke, Ange Leccia, Yoko Ono et Pavel Peppertsein .

Véritables évocations poétiques de « Climats », ce sont près de 30 installations, photographies et vidéos qui illustrent les parts de naturel et d’artificiel que nous y projetons aujourd’hui, les symboliques qui y ont été attachées et celles que le monde contemporain a créées ensuite. Monumentales, étonnantes, utopistes, inquiétantes, drôles ou émouvantes, l’exposition privilégie des oeuvres d’artistes pour lesquels le climat, pris dans un sens large, est un outil de travail et non le support d’une contestation littérale. La question de l’artificialité est ainsi posée. La volonté illusionniste de l’homme de produire des images identiques à celle de la nature côtoie l’idée de pouvoir dompter la nature au point de la recréer de toute pièce. L’idée de se placer au-dessus d’un nuage laisse entrevoir une volonté aussi poétique qu’utopique d’imaginer une nouvelle occupation de la Terre.

L’exposition propose un cheminement métaphorique et poétique des interprétations et usages du climat par les artistes en 3 parties :

« L’état du ciel » autour de l’installation de Testsuo Kondo Cloudscapes présente plusieurs démarches d’artistes qui souhaitent capter, par la prise de vue photographique ou par la reproduction, le climat. Par leur manipulation, les artistes questionnent l’essence de la nature, la remettent en cause, voire même la détournent.
On y croise les nuages de Bente Skjottegaard, Marina Abramović, Sonja Braas, Vaughn Bell, Hicham Berrada, les nébuleuses de Charlotte Charbonnel, Spencer Finch, Chema Madoz, Chris Morin-Eitner, Yoko Ono...

« Etats transitoires » témoignent de l’état transitoire et changeant d’un environnement. Figées ou en mouvement, les oeuvres semblent évoluer, passer d’un état à un autre, ou se maintenir dans un équilibre précaire. Le visiteur découvre ici le travail de cartographie climatique de Baily, Corby & Mackenzie, Julien Charrière, Rebecca Digne, Hans Haacke, la mer d’Ange Leccia, Pavel Peppertsein, Stéphane Sautour …

« Catastrophes ordinaires », propose une rêverie cauchemardesque autour de phénomènes dont l’origine naturelle ou artificielle est indistincte. Invitation à étudier et à percevoir les éléments qui nous entourent d’une nouvelle manière, les oeuvres attestent d’un ensemble d’incidents devenus communs. Les « champs d’ozone » du collectif HeHe, Cécile Beau, l’éclair de Charlotte Charbonnel, Testumi Kudo, Laurent Grasso et « la porte de l’enfer » d’Adrien Missika ponctuent cette dernière partie.

Les 24 et 31 décembre, l'Espace Fondation EDF fermera ses portes exceptionnellement à 17h. 

Climats artificiels
4 octobre 2015 - 28 février 2016

Espace Fondation EDF, 6 rue Récamier 75007 Paris
Métro Sèvres-Babylone
Du mardi au dimanche de 12h à 19h (sauf jours fériés), Entrée libre

Visites guidées pour les groupes sur réservation au 01 53 63 23 45