Danser "ensemble", rencontre avec le chorégraphe Mourad Merzouki

Dimanche 18 septembre 2016, le 11e Défilé de la Biennale de la danse intitulé « Ensemble », se tient au Stade de Gerland, à Lyon. La « plus grande parade chorégraphiée d’Europe », avec ses 5000 participants amateurs, venus de l’ensemble de la métropole de Lyon et de sa région, est le fruit d'une collaboration entre des acteurs locaux (structures socio-culturelles, associations, collectivités...) et des équipes artistiques professionnelles. Depuis sa première édition en 1996, le Défilé s’est imposé comme un véritable rituel d’agglomération, qui permet de valoriser les quartiers et leurs populations et de faire se rencontrer les générations, les cultures, les groupes sociaux. Rencontre avec le chorégraphe Mourad Merzouki qui dirige le groupe de la ville de Bron.

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"Dans la danse, il y a une immédiateté, une générosité. Il y a quelque chose d'extrêmement efficace qui fait que les gens sont ensemble de façon spontanée et c'est ce que l'on vit là avec le Défilé. On a vraiment toutes les classes sociales, toutes les générations ensemble et ce qui les réunit c'est la chorégraphie. Mon premier Défilé, je l'ai fait en 1996 pour la ville de Saint-Priest. Depuis, je suis vraiment animé par ces rendez-vous. C'est autre chose que mes créations, j'ai en face de moi des amateurs. Pas 8, pas 9, pas 10 mais 500 en général. Pour moi, c'est passionnant car en tant qu'artiste, ça m'oblige à imaginer une chorégraphie déambulatoire. Ça m'oblige à imaginer une danse pour un public qui n'est pas composé de danseurs professionnels. Ça nous remet en question, Ça nous bouscule. Nous ne sommes plus sur une scène, on n'a pas le même rapport au spectateur. Donc c'est intéressant du point de vue artistique mais aussi humain. Je suis né à Lyon, j'ai grandi à Saint-Priest. J'ai commencé par la danse Hip Hop. Elle m'a permis d'aller à la rencontre d'autres artistes, d'aller à la rencontre d'institutions. Pour moi cela a été un outil très important dans la construction de ce que je suis devenu aujourd'hui.

Cela m'a donné confiance, j'ai eu envie de partager ma passion. Ça m'a fait grandir artistiquement mais aussi en tant que gamin de quartier avec des parents originaires d'Algérie. La danse m'a aidé à trouver ma place dans cette société et à prendre le recul nécessaire pour ne pas me ressentir exclu, rejeté. Le défilé doit permettre cela : que certains, au moins, puissent se sentir exister, valorisé, écouté. C'est ce qui se passe d'ailleurs. Ces rendez-vous ne sont pas simplement festifs, ils ont un impact sur leur quotidien. Quand je travaille avec eux, je travaille comme avec des pros. Je suis exigeant, je leur propose des mouvements difficiles. Je leur impose de la rigueur, de l'engagement, du travail. Mais ils aiment ça car c'est aussi une façon de les considérer. Ils veulent bien faire. C'est un challenge. Ils sont fiers. Cela leur permet de croire en eux, d'avoir confiance. On les voit ensuite revenir voir des spectacles dans les salles, s'intéresser à autre chose. Le Hip hop est une porte d'entrée surtout pour les jeunes parce que ça leur parle. On leur propose aussi autre chose dans le défilé."

Inscrit dans le cadre de la Politique de la Ville, le Défilé est également un dispositif de lutte contre toutes les formes d’exclusion. C’est un formidable terrain d’expérimentations sociales et professionnelles permettant notamment à des publics en difficulté de prendre une part active et visible à un événement bénéficiant d’une médiatisation exceptionnelle et d’une reconnaissance importante de la part du grand public.

 Pour retrouver le programme de la biennale de la danse

Du 22 août jusqu'au 3 octobre 2016,
inscrivez-vous aux trophées des associations

La Fondation EDF remet 32 trophées d'un montant
de 400 000 euros aux petites et moyennes associations qui oeuvrent en faveur des jeunes et qui portent des projets dans trois domaines : citoyenneté et éducation, santé et prévention des comportements à risques, solidarités numériques.

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