Etre chef de projet pour une mission humanitaire !

Théo Bonnet est ingénieur à la direction Recherche et développement d'EDF. En février dernier, il a effectué une mission en tant que volontaire pour le programme de solidarité internationale de la Fondation Groupe EDF. Il raconte cette aventure qui l'a mené en Birmanie

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Quelle était votre mission ?
Qu’attendait-on de moi ? Tout : du dimensionnement à l’installation, j'ai été le chef de projet alors que je revendiquais sur mon CV seulement 5 mois de stage en dimensionnement de centrales photovoltaïques raccordées au réseau et niveau bricolage n’avais jamais été plus loin que le changement d’ampoule !Il a fallu 1 an et demi de préparation, à raison d’une moyenne de 2-3h de travail hebdomadaire pour le calcul du champ PV et du parc de batterie nécessaire, l'achat du matériel PV et électrique, la préparation de la liasse de documents pour l’export, l'expédition par conteneur, la préparation de la mission. Pour l’outillage et l’électricité domestique (câbles, interrupteurs, ampoules), j’ai bénéficié de l’aide remarquable d’un collègue de mon unité qui a réalisé l’ensemble du dimensionnement. Des contacts réguliers avec Energie Sans Frontières, qui fournissait les panneaux solaires et la Fondation Groupe EDF, m’ont permis de prendre en compte les spécificités liées aux missions humanitaires. Chaque phase était passionnante car il est rare dans une entreprise de la taille d’EDF de pouvoir mener et maitriser dans les détails un projet de A à Z.

Comment s'est déroulée la mission ?
La mission a eu lieu du 17 février au 9 mars 2017. La Fondation EDF a constitué une équipe de 4 volontaires (dont 2 salariés Enedis et 1 salarié d'EDF EN).  A Luksé, nous avons installé 62 panneaux solaires souples (soit une puissance de 7,7 kWc) et 20 batteries. Au final nous avons électrifié le presbytère, les internats des garçons et des filles, leurs réfectoires, l’ancienne église devant être reconvertie en bibliothèque, l’école secondaire, ainsi que les bureaux des professeurs de l’école primaire. Des prises, interrupteurs et éclairages LED ont été installés dans tous ces bâtiments. Durant tous ces travaux nous avons été épaulés par des villageois qui ont très rapidement appris les gestes techniques et, sur la fin, ont travaillé de façon quasiment autonome, nous rassurant quant à la pérennité de l’installation. En complément, une demi-journée de formation à la maintenance et l'utilisation a été réalisée auprès de la population. 

Que retenez-vous de cette expérience ?
La découverte d’un mode de vie parfois difficile mais simple et harmonieux, les éclats de rire des enfants, le plaisir de voir la lumière jaillir par magie ! Je reviens avec le sentiment d’être plus électricien que jamais et l’envie de m’engager à nouveau, sous cette forme ou une autre. »