Ils ont la parole : Roland Erembert, Ingénieur projet à la Fondation EDF

Le samedi 25 avril, le Népal est frappé par un tremblement de terre d'une magnitude 7,8. Celui-ci sera suivi de nombreuses secousses, parfois violentes. Suite à ce séisme dévastateur, la Fondation EDF a décidé d'envoyer trois personnes : Roland Erembert, Ingénieur projet à la Fondation EDF, Franck Chevillard, Formateur technique AMEPS au centre de formation de la Pérollière à Lyon et Antoine Petre Chargé d'affaires à ERDF à Orléans. De retour en France depuis quelques jours, Roland Erembert revient sur cette mission particulièrement délicate.

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Combien de temps et dans quelles régions du Népal êtes-vous intervenus ?
Notre mission sur le terrain a duré deux semaines. Mais la préparation de celle-ci a commencé dès le lendemain du séisme. Nous avons mené, en amont de cette intervention, un travail conséquent avec la division d'Asie du Sud et du Sud-Est d'EDF à Bangkok et leur bureau à New Delhi en Inde. Sur la base des matériels que nous avions prévu d'installer, Jean-Christophe Philbe, Harmanjit Nagi et leur partenaire local à Katmandou ont tout mis en œuvre pour que ces matériels soient disponibles à Katmandou dès notre arrivée. Ils se sont chargés de la réservation des matériels, de l'achat, de l'acheminement par la route, jugé le plus fiable, mais aussi du stockage. Ils nous ont été d'une aide très précieuse. Nous sommes donc restés la première semaine à Katmandou puis nous sommes partis à Chautara, une ville située à 200 kilomètres environ à l'est de la capitale népalaise près de la chaine de l'Himalaya. Nous y sommes restés quatre jours avant de revenir sur la capitale.

Qu'est ce qui vous a frappé à votre arrivée sur place ?
À première vue en arrivant à Katmandou, on ne voit pas les dégâts. Mais lorsque l'on regarde de plus près, on constate les premiers signes de destruction et les nombreuses fissures sur les murs des bâtiments et des immeubles. La vieille ville de Katmandou a été très touchée, c'est une vraie catastrophe. Il y a des montagnes de gravats près des temples historiques. Les villes dans la périphérie de Katmandou étaient et restent encore très difficiles d'accès. Sur le chemin vers l'est nous avons vu des éboulements, des ponts affaissés et des failles au milieu des routes. Mais le plus frappant, ce sont les dégâts à Chautara. Dans cette ville, c'est une hécatombe. 95% des maisons sont à raser.

Auprès de quelles ONG êtes-vous intervenus ?
Nous sommes intervenus en appui de trois ONG : Médecins du Monde, Solidarités International et ACTED. Notre objectif était de faciliter leur intervention sur le terrain. Cela s'inscrit dans le mandat de la Fondation EDF qui est au service des ONG et qui, depuis la signature de la Convention du 27 août 2014, répond aux sollicitations des ONG et du centre de crise du MAEDI en cas de crise. Nous avons été pris en charge par Médecins du Monde tout au long de notre mission et nous logions sous tentes dans leur camp.

En quoi a consisté votre mission sur le terrain ?
Dans un premier temps notre mission à Katmandou consistait à rendre compatible les différentes connectiques. Les matériels arrivant de partout (Europe, Inde, Népal, Chine), c'était une étape essentielle pour la suite de la mission. Nous avons rencontré de nombreuses difficultés notamment à cause de la barrière de la langue. Il nous a fallu plus d'une journée pour trouver les matériels nécessaires. Nous avons ensuite distribué aux trois ONG partenaires les matériels compatibles prêts à être utilisés. Quatre groupes électrogènes ont été attribués à ACTED, deux à Solidarités International et un à Médecins du Monde. Une fois à Chautara, nous avons aidé Médecins du Monde à installer le camp qui sert de base pour leurs missions à Chautara et Golche. Nous avons placé une pompe de distribution d'eau pour alimenter 1500 personnes. Nous avons aussi installé le matériel électrique offert par la Fondation EDF à Médecins du Monde, permettant d'éclairer le camp et ses environs et d'alimenter des bornes pour recharger les portables des habitants proches du camp.

Vous étiez sur place lors du second séisme, cela a-t-il compliqué votre intervention?
Oui, nous avons du faire face dans notre camp à l'afflux d'une centaine de personnes qui ne voulaient plus retourner chez elles par crainte. Nous avons alors arrêté nos activités pour les aider à construire des abris près de notre camp. Tous les habitants de Chautara vivent actuellement dans la rue sous des tentes. Leurs conditions de vie sont extrêmement difficiles. Ils manquent de nourriture malgré les distributions alimentaires assurées par l'armée népalaise. L'arrivée de la mousson dans un mois risque de compliquer encore davantage leur quotidien.

Que retenez-vous de cette mission d'urgence ?
Je retiens les visages meurtris par la peur mais je retiens surtout la convivialité et la dignité du peuple népalais. J'ai ressenti beaucoup de compassion. Nous avons tout fait pour leur apporter un peu de bien-être. Cette mission, la première intervention d'urgence pour ma part, a été particulièrement éprouvante physiquement. Nos nuits étaient très courtes. Nous étions constamment réveillés par les aboiements des chiens qui réagissaient aux secousses, mêmes infimes. 

Du 22 août jusqu'au 3 octobre 2016,
inscrivez-vous aux trophées des associations

La Fondation EDF remet 32 trophées d'un montant
de 400 000 euros aux petites et moyennes associations qui oeuvrent en faveur des jeunes et qui portent des projets dans trois domaines : citoyenneté et éducation, santé et prévention des comportements à risques, solidarités numériques.

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