Playdagogie

L'association Sport sans Frontières propose aux écoles primaires de quartiers difficiles des kits pédagogiques autour de jeux et exercices pour aider enseignants et éducateurs à aborder le vivre-ensemble (violences, harcèlement, rapports garçons-filles), la nutrition ou le handicap. Reportage à Nanterre, à l'école Jacques Decour.

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Inclusion sociale

« Ils ont voulu nous décourager en nous critiquant », « ça m'a vraiment foutu la rage de les entendre » ... Assis en rond autour de Valérie, leur institutrice, une vingtaine d'élèves de l'école élémentaire Jacques Decour à Nanterre font ensemble le bilan du petit jeu auquel ils viennent tous de se livrer. Quelques minutes auparavant, alors que deux équipes s'affrontaient lors d'un match de football, le reste de la classe les encourageait tels de vrais supporters.

Pourtant, consigne avait été donnée à certains d'entre eux de se moquer des deux capitaines. Comment les joueurs conspués allaient-ils réagir ? Et leur coéquipier ? Ces questions permettent de réfléchir à la notion de harcèlement, et aux enfants d'en comprendre le sens et les conséquences.

Inclusion sociale

Ce petit jeu de mise en situation fait partie du kit « Playdagogie » imaginé par l'association Sport sans Frontières. Un programme qui consiste à favoriser l'accompagnement des enfants scolarisés dans les quartiers les plus difficiles en misant sur le sport et le jeu comme moyen d’accès aux messages éducatifs. « Nous avons mis au point des kits comprenant 10 fiches avec une thématique à aborder selon différents jeux. Le premier porte sur le  vivre-ensemble et traite du harcèlement, des discriminations, des rapports garçons-filles... Nous en avons pensé également deux autres autour des questions de nutrition et de handicap », détaille Pauline Voldoire, chargée de développement Playdagogie au sein de Sport sans Frontières.

Des kits pour le vivre-ensemble, les questions de nutrition et le handicap

Aujourd'hui, 250 écoles utilisent ces kits, essentiellement en Ile-de-France, mais « dès le début de l'année 2014, nous allons permettre à des écoles du Nord, de Rhône-Alpes, et de Marseille de s'emparer eux aussi de nos kits », ajoute Pauline. Aujourd'hui, plus de 4000 enfants ont bénéficié des activités « playdagogiques ». Chaque séance permet aux enfants de s'imprégner des thématiques choisies. Cela peut être un match de foot perturbé par les moqueries pour le harcèlement, un épervier aménagé pour rappeler à quel moment de la journée manger pour avoir un régime équilibré, ou encore un jeu proposant tour à tour à chaque élève de devenir agresseur puis victime pour comprendre chaque rôle. A charge ensuite à l'instituteur de suivre les questions proposées par l'association sur sa fiche playdagogie pour faire vivre un débat avec les élèves.

« Développer leur empathie et leur montrer que nos actes ont des conséquences »

À Nanterre, à l'école Jacques Decour, Valérie l'institutrice a rapidement saisi l'intérêt pour elle de suivre le programme Playdagogie : « C'est vraiment très positif, parce que cela permet aux enfants de mettre des mots sur leurs comportements et des conséquences dont ils ne sont pas toujours conscients. Ce sont des thèmes pas toujours évidents à aborder en classe alors, cette méthodologie basée sur le sport et les jeux permet de les intéresser et de les faire participer ». Assis après ce match de foot très particulier, les élèves réagissent. L’un d'eux, vexé par les moqueries entendues pendant le match, desserre la mâchoire avec les explications de son institutrice et comprend à quel point se faire harceler peut être douloureux. D'autres découvrent que l'effet de groupe peut être dangereux : « On trouvait cela drôle de se moquer nous aussi, mais en fait on a été bêtes d'être méchantes alors qu'ils ne nous avaient rien fait », explique un peu honteuse une élève.

Ce temps de discussion permet à Valérie de replacer tout cela dans le quotidien des élèves. Elle prend l'exemple d'un élève timide régulièrement chahuté à l'école, détaille les différentes formes de harcèlement, physique, verbal, sexuel et d'appropriation. Les enfants en discutent se rappellent de ce jeune moqué dans leur quartier, des histoires de vol qu'ils ont pu voir ou entendre. Tous mettent des mots et des exemples sur des notions qui leur semblaient étrangères, mais auxquelles ils sont confrontés régulièrement. Pour l'institutrice : « tout est lié à la notion de respect et à la conduite à avoir pour bien vivre ensemble. L'idée est donc de développer leur empathie et de leur montrer que nos actes ont des conséquences et que de victime, on peut vite passer au rôle de méchant et inversement ».

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