Rencontre Serge Ledanois, volontaire du programme EDF Help au Bénin

Serge Ledanois est responsable de l’Agence énergies renouvelables d’ERDF. Volontaire pour le programme de solidarité internationale EDF HELP, il s’est investi pendant des mois sur deux projets au Nord du Bénin qui se sont achevés en juin 2015.

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Pouvez-vous présenter les deux projets pour lesquels vous avez été mobilisé au Bénin ?
Le premier projet consistait à électrifier le collège de Bouanri, un établissement qui compte 700 élèves de la 6ème à la 3ème et qui est situé dans une zone particulièrement reculée dans le nord du Bénin, très loin des réseaux électriques. En partenariat avec l’association française Boronou France-Bénin, quinze salles de classes ont été alimentées pour l’éclairage par des systèmes photovoltaïques autonomes, simples, robustes et interchangeables. Le bâtiment administratif a lui été doté d’un système en 230 Volts qui permet l’utilisation d’ordinateurs, imprimantes, éclairages et recharges de téléphones. Pour le second projet, nous avons répondu à une demande de l’association Ateliers Sans Frontières. Il s’agissait de sécuriser l’alimentation électrique de l’hôpital de N’Dali et de réduire les coûts exorbitants de carburant de son groupe électrogène. L’installation photovoltaïque a été remaniée pour injecter directement dans le réseau électrique intérieur de l’hôpital, une première au Bénin selon un électricien au fait de ces systèmes dans le pays.

 Un nouveau groupe électrogène a été installé, plus adapté aux puissances appelées et moins consommateur de carburant. Sur ce projet, nous avons bénéficié du savoir-faire de Solaire Sans Frontières, une association de professionnels du solaire photovoltaïque.

A qui vont bénéficier ces deux projets et de quelle façon ?
Les élèves du collège de Bouanri vont pouvoir aller en cours au-delà de 17 heures, heure à laquelle la nuit tombe entre octobre et février. Jusqu’à maintenant les cours duraient jusqu’à 19 heures mais l’obscurité les empêchait d’étudier. Le logement de fonction du directeur, qui a été lui aussi électrifié, offrira de meilleures conditions de vie aux familles qui jusqu’alors se succédaient faute de confort suffisant. Concernant le projet à N’Dali, l’hôpital bénéficie désormais toute la journée de la production solaire allégeant ainsi le soutirage sur le réseau de distribution publique. Enfin les batteries existantes permettent, après reconfiguration, la continuité de fonctionnement des principaux bâtiments (urgence, bloc opératoire, maternité) lors des délestages effectués par le distributeur d’électricité.

 Quel rôle avez-vous joué en tant que volontaire ?
J’ai été désigné responsable de ces deux projets par l’équipe de la Fondation EDF. Le rôle de chef de projet consiste d’abord à comprendre les besoins des associations mais aussi les besoins des bénéficiaires et de découvrir leurs motivations. Une fois l’équipe projet constituée, nous avons élaboré une solution technique fiable et robuste qui répondait à ces besoins. Le projet a tout de suite intégré la transmission du savoir par une appropriation par les acteurs locaux. C’est le premier critère de pérennisation des systèmes mis en place ! Mon rôle a aussi consisté à coordonner les commandes depuis la France ou localement et à diriger la phase de réalisation du projet, 13 jours sur le terrain en continu, à un rythme de travail particulièrement soutenu. 

 De quelle manière la population locale a été impliquée pendant la réalisation des travaux ?
Le chantier de réalisation a donné lieu à un véritable cours de travaux théoriques et pratiques aux artisans locaux, souvent venus sans être payés pour se former, ainsi qu’aux enseignants et aux parents d’élèves motivés pour le collège par exemple. Ce sera d’ailleurs l’association des parents d’élèves qui assurera la pérennité des installations. A l’hôpital, les personnels techniques se sont révélés extraordinaires dans leur soif d’apprendre et dans leur engagement individuel et collectif. Des électriciens locaux ont collaboré aux calculs de dimensionnement, aux mises en œuvre des équipements prévus par l’équipe du programme EDF HELP. L’aventure humaine particulièrement tournée vers la formation a été saluée par tous les participants et par le directeur de l’hôpital, Martin Adjou.

Que tirez-vous personnellement de cette expérience ? 
La réalisation de ce projet a été une réelle aventure humaine et de partage. Outre une expérience morale de partage au bénéfice d’humains en situation difficile, ma satisfaction est d’avoir permis aux bénéficiaires d’accéder à l’énergie électrique. Ils auront désormais un environnement meilleur pour étudier et être soignés. Pendant les travaux sur le terrain, toute l’énergie de chacun a été orientée à satisfaire les objectifs du projet. C’était assez imprévu de voir les gens s’agréger au projet pour « attraper » la connaissance transmise. Un moment inoubliable.