Retour du Vanuatu

Le 23 mars dernier une première équipe de la Fondation EDF est partie au Vanuatu dans le cadre de son programme d'intervention humanitaire pour venir en aide aux populations après le passage du cyclone PAM. Robert Capozzella faisait partie de la deuxième équipe qui a rejoint la première sur place. Il nous raconte ses dix jours de mission.

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Il s’agit de la première intervention d’urgence de la Fondation EDF, quelles différences par rapport à vos missions habituelles ?
Notre activité est principalement basée sur des actions programmées et planifiées en fonction des projets, des disponibilités humaines et matérielles. Intervenir sur une situation d’urgence demande une réactivité forte, une analyse rapide et précise de la situation, des besoins et des moyens à mettre en œuvre. Chaque intervention est différente de la précédente. Il n’y a que très peu de place pour le hasard. C’est surtout un gros travail de préparation en amont,  de prise de contacts et de relais. Ce type d’intervention c’est aussi une montée d’adrénaline liée à la part d’imprévus que l’on ne peut pas éviter lorsque l’on est sur le terrain. La Fondation EDF, au travers des diverses compétences présentes dans le groupe EDF ou en collaboration avec des ONG spécialisées, est armée pour répondre à ce type de demande et d’intervention. Je crois que nous l’avons démontré lors de notre présence au Vanuatu.

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De qui était composée l’équipe intervenue au Vanuatu ?
Notre équipe était composée de quatre personnes réparties en deux groupes. Le premier groupe, avec Bernard Malherbe et Dominique Licata (ERDF Alpes Dauphiné) est parti le lundi 23 mars. Avec Michel Florès (ERDF Lyon), nous sommes partis le mercredi 25 mars.

Sur quelle île êtes-vous intervenus ?
Nous avons fait le choix d’aller sur l’île de Tanna qui a été frappée de plein fouet par le cyclone PAM. Cette île a essuyé des vents de 320 km/h pendant près de quatre heures. Là-bas les dégâts étaient considérables et les besoins étaient très importants.

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Quels étaient les besoins urgents à votre arrivée ?
Il n’y avait plus de réseau électrique sur place. Nous avons vite compris que le principal besoin de la population était l’accès à l’eau potable. Les communautés les plus touchées ont été celles qui s’approvisionnaient en eau en puisant par le biais de pompes électriques, qui ne fonctionnaient plus après le passage du cyclone. Les habitants étaient donc contraints de parcourir de grandes distances pour se fournir en eau potable. Quelques cas de dysenterie se sont déclarés sur l’île.

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En quoi a consisté l’intervention de la Fondation EDF sur l’île de Tanna ?
Pour répondre aux besoins, nous sommes orientés vers la mise en place de groupes électrogènes pour permettre aux communautés de se fournir en eau potable. Nous en avions apporté vingt. Deux groupes ont permis de rétablir l’alimentation en eau potable des collèges de Lenakel et de Lowanatom. Un groupe a été mis à disposition du centre de coordination des interventions (NDMO). Deux groupes ont été mis à disposition de la Croix-Rouge française qui intervenait dans la région de Green Hill pour de la production d’eau potable. Un groupe a été donné à  l’association Promedical et six autres à Solidarité Tanna (un groupe pour le dispensaire de White Sands, un pour l’équipe médicale itinérante et quatre autres pour les villages situés dans les White Sands). Le reste des groupes électrogènes a été réparti dans les différentes communautés de la côte ouest entre Isangel et Loanpakel. Nous avons également, à la demande du distributeur d’électricité calédonien ENERCAL, établit les besoins en reconstruction pour le collège technique de Lowanatom. Nous avons supervisé leur première livraison faite par l’armée française et récupéré leur matériel.

A quelles difficultés avez-vous été confrontées ?
Nous n’avons pas rencontré de difficultés particulières mise à part pour les déplacements qui nécessitaient plusieurs heures de 4x4 sur des pistes. L’organisation en amont est très importante dans ce genre de mission. La première équipe constituée de Bernard et Dominique ont su saisir des opportunités qui ont facilité la suite de l’intervention. A notre arrivée nous avons pu nous mettre au travail presque instantanément. Nous nous sommes appuyés sur notre chauffeur, Tom Naieu, pour définir nos priorités. Lorsque le bruit s’est propagé que des français avaient des groupes électrogènes, nous avons du faire face à beaucoup de demandes, parfois injustifiées. Nous précisions alors que notre mission était destinée à la production d’eau consommable. Nous avons toujours été bien accueillis. Nous pouvions communiquer en anglais ou en français ce qui facilitait les échanges. Des vivres avaient été achetés par la première équipe en Nouvelle-Calédonie, nous ne manquions donc de rien.

Dans quelle situation se trouve l’île de Tanna aujourd’hui ?
Selon l’UNELCO, le distributeur d’électricité et d’eau au Vanuatu, des renforts devraient arriver de Wallis&Futuna et de Polynésie. Une fois le matériel livré, la mise en service du réseau devrait être assez rapide. La végétation qui a été très dégradée, repousse et reverdit déjà. Les habitations légères ont été soufflées par les vents mais elles devraient être rapidement reconstruites. En revanche les constructions en dur telles que les collèges, les dispensaires et l’hôpital ont subi plus de dommages. Ils attendent des aides particulières pour la reconstruction du génie civil et des toitures. L’île a été ravitaillée en riz et en conserves. La population ne souffre apparemment plus de faim comme ça a pu être le cas juste après le cyclone.

Du 22 août jusqu'au 3 octobre 2016,
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