Un petit village au coeur de Madagascar accède à l'électricité

A Madagascar, il a conçu et construit un pont. Puis une école, un orphelinat et un collège. Aujourd’hui, Gilles Pouvreau inaugure une centrale hydroélectrique. EDF HELP l’a aidé dans l’aboutissement de ce projet qui va changer la vie des 1000 habitants d’Ampasimaneva. Enfin de l’électricité et de l’eau potable pour ce village très difficile d’accès, à 180 kilomètres de la capitale.

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« Si je m’en sors, je t’aiderai ». Telle fut la promesse de Gilles, encore très fragilisé par son cancer, à Rado, son ami malgache, concernant un projet humanitaire visant la construction d’un collège. A 72 ans, Gilles Pouvreau ne se laisse pas abattre. Quelques mois plus tard, il crée l’association Better Life for Children pour permettre l’accès à l’éducation en finançant la construction d’ un nouveau collège pour les 200 collégiens du village d’Ampasimaneva, l’ancien ayant été détruit par un cyclone. Mais un projet peut en cacher un autre… Quand Gilles découvre les chutes près du collège, l’idée d’y installer une turbine lui vient : le collège pourrait être ainsi alimenté en énergie et en eau, ainsi que le village. Un projet ambitieux pour cet ancien conducteur de travaux dans le BTP et le secteur des télécommunications, certes très doué de ses mains,  mais sans aucune connaissance en énergie hydroélectrique. Ces compétences techniques manquantes, EDF HELP, le programme d'intervention humanitaire de la Fondation EDF allait les lui offrir…

« Grâce à EDF HELP, le projet de la centrale hydroélectrique devient réalité », se réjouit Gilles Pouvreau. Outre l’alimentation du collège et de l’école primaire, un local communautaire est également équipé d’un réseau de prises de courant qui leur permet de recharger les batteries d’éclairage. L’énergie produite sert par ailleurs à électrifier le nouveau centre de soins, et notamment le réfrigérateur qui stockera vaccins et médicaments. Enfin, la force électrique sera utilisée pour l’alimentation en eau, non seulement du centre de soins, mais pour tous les nouveaux équipements : six lavoirs, trois bornes-fontaines, six douches et les latrines du collège. De plus, la rue principale du village est éclairée, de 18h à 6h du matin, ainsi que tous les édifices scolaires à la demande des villageois. « En France, 6,5 kW permettent de produire l’énergie pour un seul appartement. Là-bas, avec 6,5 kW, on va alimenter tout un village », se félicite Gilles Pouvreau. Et de préciser : « J’ai été frappé de constater qu’ici les femmes font leur lessive et se lavent dans la même rivière. Cette même eau est également utilisée pour cuire le riz. On vit ici comme il y a 500 ans en arrière : les gens sont privés du bien le plus précieux, l’eau potable. Ce n’est plus acceptable de nos jours ».

La centrale est construite à 600 mètres du village, grâce notamment à l’expertise de Constant Giraud, ingénieur hydraulicien en charge d’assurer le suivi du projet et issu d’Hydrostadium, une filiale d’EDF, avec l’aide de ses collègues à Annecy. Gilles, Constant et Bernard Malherbe, responsable des opérations d’EDF HELP, se sont rendus sur place pour en étudier la conception. Après l'étude technique, ils ont supervisé le chantier. Il a fallu acheminer le matériel avec l'aide des villageois qui se sont beaucoup investis : défrichage, réalisation des tranchées pour la conduite forcée et terrassement pour le local de la turbine.
De la capitale Tananarive au village d’Ampasimaneva, il y a seulement 180 kms, mais il faut compter une journée de taxi brousse pour parcourir 110kms de route, puis une autre journée à pied pour rejoindre le village. Gilles a emprunté plusieurs fois ce chemin : « A la fin de la première journée, le taxi brousse vous dépose à Anosibe An’Ala. De là, il faut compter 7 heures de marche en pleine forêt, avec parfois des pentes de 30% et de nombreux gués, dont une traversée de la rivière Mangoro en pirogue. Alors quand il s’agit de faire venir 100 tuyaux de 6m qui constituent le réseau. Ou encore 800m de câbles électriques et 600m de tuyaux pour l’alimentation de l’eau potable, cela relève du challenge ». Des tuyaux oui, mais pas uniquement… des portes métalliques, des tôles, 7 tonnes de béton soit 150 sacs, sans oublier le plus gros de la centrale : la turbine de 700 kilos, qui séparée en deux parties et transportée en hélicoptère.

Quand il s’agit d’aider les plus démunis, Gilles n’hésite pas à employer les grands moyens, et on le lui rend bien. Bien sûr, toutes ses actions passées lui ont valu d’être la star de la télévision locale. Mais ce qui lui fait le plus plaisir, c’est quand les enfants du village l’appellent « Tonton Gilles »…

Du 22 août jusqu'au 3 octobre 2016,
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de 400 000 euros aux petites et moyennes associations qui oeuvrent en faveur des jeunes et qui portent des projets dans trois domaines : citoyenneté et éducation, santé et prévention des comportements à risques, solidarités numériques.

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