Jean-Baptiste Carlier salarié edf, membre de l’association Les Films au Clair de Lune

De Roubaix à Bogota en passant par le Togo, l’association Les Films au Clair de Lune sensibilise les plus jeunes aux grands enjeux de notre époque. Leur outil ? Une caméra.

Derrière celle-ci, des âmes solidaires parmi lesquelles celles de réalisateurs, d’étudiants, ou encore celle de Jean-Baptiste Carlier. Ce salarié d'EDF est membre de l’association depuis 2013. Lauréat de l’appel à projets interne de la Fondation en 2016, il nous raconte son association, le projet et son engagement bénévole.

Jean-Baptiste Carlier, salarié d'EDF

Il y a un an jour pour jour, vous postuliez à l’appel à projets interne de la Fondation pour présenter « Colombie : Action ! ». Quel était ce projet ?
L’idée était d’écrire et réaliser trois courts-métrages, cette année en partenariat avec des associations colombiennes, autour des thématiques de l’eau, du droit à la Terre, et de la paix, avec pour objectif principal de sensibiliser les enfants défavorisés à ces enjeux essentiels. La particularité de la démarche est que ces enfants participent aux tournages, puisqu’ils sont les acteurs de ces films. Ils vivent donc pleinement cette aventure et la sensibilisation n’en est que plus efficace. Une fois tournés, ces films doivent aussi pouvoir donner lieu à des échanges interculturels avec des classes françaises, de CM1, CM2 et 6ème. Une façon de faire découvrir le quotidien de leurs camarades situés à des milliers de kilomètres, dans un esprit citoyen et solidaire.

Concrètement, le tournage a donc eu lieu et les films sont diffusés ?
Absolument. Le tournage s’est déroulé en fin d’été dernier durant un peu plus d’un mois. Une équipe de 6 personnes, toutes bénévoles, a pu participer et les premières projections ont pu avoir lieu, notamment à Bogota, en présence des enfants acteurs. Mais plus important encore, avec ces films, les associations locales partenaires sont désormais dotées d’outils de sensibilisation qui leur permettent de mieux communiquer sur place. Renforcer les capacités des structures locales est un des principaux objectifs des Films au Clair de Lune. De notre côté, nous allons comme suite à chaque mission solliciter les festivals. Nos précédents courts métrages ont permis à l’association d’être sélectionnée dans plus de 80 d’entre eux et d’obtenir 30 prix. En espérant que la reconnaissance soit une nouvelle fois au rendez-vous !

Comment en êtes-vous venu à vous impliquer au sein de l’association et quel y est votre rôle ?
Le réalisateur des films est un ami d’enfance si bien que j’ai finalement toujours suivi et discuté des projets de l’association. Concrètement, cela fait trois ans que j’essaie de participer à son développement. Je ne fais pas parti des équipes de tournage et je n’ai pas eu par exemple l’occasion de suivre l’association en Colombie, ou précédemment au Maroc ou encore à Madagascar. Je me concentre sur la communication, les partenariats et l’obtention de dons et subventions auprès de collectivités, de ministères ou de donateurs privés.

D’où la candidature à notre appel à projets…
Oui et c’était d’ailleurs mon premier pitch pour l’association devant un jury de la Fondation. Je m’en souviens bien… C’était d’autant plus impressionnant que le jury était composé de hauts responsables d’EDF, ce qui peut mettre une certaine forme de pression… Et l’enjeu pour l’association était fort. Mais j’ai le souvenir que leur accueil et leur bienveillance m’avait décontracté… Depuis, alors que nous travaillions principalement avec le secteur public, nous nous tournons de plus en plus vers les fondations.

Vous avez donc de nouveaux projets à financer…
Un projet en chasse l’autre en effet ! L’association travaille principalement sur deux projets pour 2017-2018. Le tournage de nouveaux courts métrages au Sénégal, où nous avons déjà pris attache avec des associations locales, car l’idée est toujours de venir en appui d’associations œuvrant sur place et connaissant les problématiques locales. Et un projet de serious game : « Flap le pigeon ». Un nouveau format pour nous, à destination des 8-12 ans, qui permettra notamment aux enfants de voyager de pays en pays avec, à chaque étape, la possibilité de découvrir les autres enfants de leur âge et les problématiques du pays en vidéo. Un projet ambitieux pour nous qui nécessite un vrai investissement.

Justement, qu’est-ce que votre investissement aux côtés des Films au Clair de Lune vous apporte, personnellement ou professionnellement ?
Je pense que cela m’apporte une ouverture d’esprit nouvelle et des formes de réflexions différentes, sur le rôle des enfants d’aujourd’hui dans le monde de demain notamment. Car ce sont eux qui auront dans quelques années les clefs pour changer les choses, notamment en matière d’écologie. Cet engagement est de manière générale très intéressant. Culturellement et humainement. Cela apporte ce sentiment d’être utile… Mais ma préoccupation personnelle est surtout que je puisse apporter à l’association. Je suis planificateur aujourd’hui et j’étais responsable de transports exceptionnels il y a peu. J’espère donc pouvoir apporter en matière de méthodologie ou lorsqu’il s’agit d’échanger avec les autorités publiques.