Inclusion

Le solaire pour apporter de l’eau et plus de liberté

Les corvées d’eau des femmes et des fillettes dans les villages de Taldight et d’Iggou au Maroc, c’est fini ! En soutenant le projet de l’association Eau Soleil d’équipement en pompages solaires de villages particulièrement isolés au Maroc, la Fondation groupe EDF participe à favoriser l’accès à l’eau directement dans les foyers. Ahlam Ennouhi, salariée du groupe EDF au Maroc s’est engagée dans l’une de ces missions en apportant ses compétences techniques, mais aussi … sa vie de femme, sur le terrain.

De la magie des robinets

A près de 2000 m d’altitude, deux villages berbères isolés ont été choisis par l’association EauSoleil pour y installer un dispositif de pompage solaire. Chaque village était pourvu d’un point d’eau (un puits ou une source), mais pas de système de pompage, de canalisation ni de raccordement.

Taldighit, le premier village, avait déjà son puits, mais les fillettes de 4 à 17 ans devaient, à l’aide de cordes, de bidons et de seaux, remonter manuellement l’eau, plusieurs fois par jour, puis porter les bidons de 5 litres sur leur dos jusqu’aux maisons. Le deuxième village Iggou, encore plus isolé, à 3 ou 4 heures de marche plus loin, disposait quant à lui d’une source d’eau et c’est à dos de mulet que l’eau était ramenée au village.

Par son soutien, la Fondation a financé une pompe photovoltaïque fonctionnant au fil du soleil, raccordée au réservoir et à l’adduction d’eau qui va jusqu’aux maisons, construits avec l’association EauSoleil. La mise en place d’un mécénat de compétence avec la mobilisation d’une salariée du Groupe au Maroc, Ahlam Ennouhi, a permis de réceptionner le chantier malgré la limitation des déplacements due à la situation sanitaire de ce début 2021. Le chantier a duré 3 à 4 mois entre l’acheminement des matériaux (à dos de mulets pour Iggou !) et le raccordement final, une étape qui s’est clôturée sur le terrain tout début mars ! Pour Ahlam « c’est presque comme de la magie quand il suffit de tourner le robinet pour que l’eau arrive jusque chez soi ».

L’association EauSoleil

Depuis 2002, EauSoleil réalise des chantiers d’adduction d’eau par pompage solaire avec des jeunes de lycées professionnels. Chaque projet est mené en partenariat avec les autorités territoriales, les associations et les populations locales. L’idée est de promouvoir et développer l’énergie solaire dans les pays du Sud tout en amenant les jeunes à découvrir la solidarité internationale et les cultures locales.

S’engager pour répondre à un besoin concret

Le mécénat de compétences international existe depuis 2013 à la Fondation groupe EDF. Mais il n’avait encore jamais été proposé à des salariés d’entités du Groupe à l’étranger. La proposition a été faite début 2020 à EDF Maroc, qui a tout de suite accepté de tenter l’expérience.

Ahlam, responsable Développement Durable à EDF Renouvelables Maroc et chargée plus spécifiquement des aspects sociaux et environnementaux des projets développés sur le terrain, a trouvé tout naturel de s’engager et d’aider. Cela semblait être un peu une prolongation de son métier, même si tout est différent quand on répond à un besoin concret et « qu’on change la vie des gens »…

Ahlam est intervenue alors que le montage initial du projet par l’association devait se réaliser avec un lycée professionnel français et donner l’occasion aux élèves de venir en stage ou en alternance, au Maroc. La covid est passée par là et les étudiants n’ont pas pu se rendre sur place comme prévu, ni son binôme, Aurélien Alonso-Antequera, salarié de la centrale du Bugey, qui devait faire équipe avec elle.

« Il a fallu vérifier que les études faites correspondaient bien à ce qui était nécessaire, apporter son regard d’expert, puis finalement aller sur le terrain et aider concrètement à la mise en œuvre ». En une semaine, elle a suivi les deux chantiers sur son temps de travail, avec l’accord de sa hiérarchie. Une belle occasion de mettre en œuvre des moyens nouveaux pour que, par exemple, l’association puisse suivre le chantier sans se déplacer, photos à l’appui, pour orienter et organiser un chantier qui a finalement été « fluide, harmonieux, avec des échanges constructifs ». 

Au cours de ces 8 dernières années, Ahlam Ennouhi a souvent été sur le terrain avec EDF Renouvelables Maroc : elle élabore et met en œuvre des plans d’action sociaux en faveur des populations locales conformément aux engagements RSE du Groupe. Mais ici, dans cette région berbère du Maroc qu’elle ne connaissait pas et dont elle ne parlait pas la langue, l’expérience est particulièrement enrichissante. Heureuse de cette expérience humaine, Ahlam Ennouhi a été touchée de pouvoir changer concrètement le quotidien d’une population. « Avoir un impact visible, réel, qui se lit dans les sourires, sur les visages ! » Mais aussi la fierté de voir ces petites filles chargées d’une corvée inimaginable (qui pense encore qu’il faut tant de temps et d’efforts pour s’approvisionner en eau ? …) désormais libérées. « Elles auront plus de temps pour aller à l’école ».

Une femme sur le chantier,

Car si Ahlam a contribué concrètement à faire aboutir le projet et à faire couler l’eau grâce a de l’énergie solaire, elle a certainement aussi contribué à changer la façon de voir les choses… Elle raconte avoir vu dans le regard des femmes et des jeunes filles, qu’en effet, « une femme en jean, c’est beau ; qu’une femme qui travaille et qui s’assoie à table avec les hommes, c’est possible. Qu’une femme peut marcher loin, porter, visser et conduire un 4×4. « . En tant que femme, elle a eu accès aux autres femmes et a constaté qu’après les traditionnelles questions sur le fait d’être mariée ou non, sur ses études, la ville, sa carrière, les esprits s’assouplissent. Une petite fille notamment ne l’a pas quitté de la durée de la mission à Iggou, intéressée par tout, et à la fin… victoire !  Elle a été autorisée à manger à la table des hommes. Planter les graines d’un futur différent ne sera peut-être pas sans conséquence… Une femme qui serre les boulons, finalement, ça fait évoluer les esprits. Quoi qu’il en soit, Ahlam Ennouhi reste en contact.

S’engager pour répondre à un besoin concret

Aujourd’hui, c’est évidemment un motif de satisfaction que de savoir ces deux villages autonomes en électricité et en eau. Il y a pourtant d’autres villages alentour sans eau et il reste, beaucoup de choses à faire, pas uniquement dans le domaine de l’électrification, mais également de l’éducation.  Alors, Ahlam Ennouhi est prête à continuer à s’engager, elle est prête à repartir « sans hésitation parce qu’on découvre toujours de nouvelles cultures ». Et si du fait de son métier, elle a peut-être, plus que d’autres, l’habitude d’aller vers les populations, de s’adapter et de comprendre, elle estime « qu’on peut toujours aider, et qu’en tant que femme, on a accès aux femmes, ce qui est particulièrement riche pour faire évoluer la réalité sur le terrain. » Le message est clair, si la Fondation groupe EDF souhaite accompagner d’autres projets au Maroc, elle mettra toute son énergie à le faire et à trouver localement qui peut les accompagner !

Ils l’ont fait, ils vous racontent

 

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