Éducation & Formation

« Chez Robotique FIRST France, nous proposons aux collégiens et aux lycéens un programme innovant de mentorat en robotique »

Publié le : 18/03/2024 Temps de lecture : 7 min
Stéphane THABOURET © 2022

Robotique FIRST France propose aux jeunes de 11 à 18 ans des programmes de mentorat pédagogiques et ludiques visant à leur transmettre l’intérêt pour ces disciplines et une ouverture au monde de l’entreprise. L’association vient de recevoir le soutien de la Fondation groupe EDF, dans le cadre de son mécénat territorial. Rencontre avec ses cofondateurs, énergiques et passionnés, Alice de Malliard et Stéphane Morin.

 

  • Pouvez-vous nous présenter l’association Robotique FIRST France, que vous avez fondée ensemble ? Pourquoi avoir choisi d’agir contre la désaffection pour les études scientifiques ?

Stéphane Morin : L’idée de cette cause m’est venue la première fois en 2017. À l’époque, j’étais mentor de jeunes dans le cadre de la First Robotic Competition et seuls 25 élèves dans toute la France avaient la chance de bénéficier du programme ! Quand on sait que la communauté mondiale FIRST, fondée il y a 30 ans aux États-Unis, accompagne 900 000 jeunes dans 110 pays, on mesure à quel point ce nombre était dérisoire. J’ai ensuite rencontré Alice de Maillard, qui partageait mon envie de lutter contre la désaffection pour les études scientifiques. Nous avons décidé de créer une association dédiée pour proposer les deux programmes de FIRST aux élèves français. Nous avons mûri notre projet pendant la crise de la Covid-19 et notre association, Robotique FIRST France, est née fin octobre 2021.

Notre objectif est simple à exprimer mais ambitieux à réaliser : nous voulons amener les jeunes à s’intéresser aux domaines de la science et de la technologie en les faisant participer à des programmes passionnants, basés sur le mentorat, qui développent les compétences en science, en ingénierie et en technologie. Nos programmes font aussi la part belle aux soft skills, telles que la confiance en soi, le professionnalisme, la persévérance, la capacité de convaincre, le goût du travail en équipe, l’envie de transmettre… 

Notre travail rend le jeune acteur, en le mettant en relation avec le monde de l’entreprise, en particulier l’univers industriel qu’il connaît souvent peu et mal. Le jeune est le point de départ et d’arrivée de toutes nos actions.

 

Alice de Malliard : À partir d’une approche ludique et concrète, centrée sur le robot, les jeunes apprennent à penser comme des ingénieurs. Nous proposons nos programmes aux collèges et lycées, en prenant à notre charge la fourniture des kits de construction des robots et l’ensemble des frais d’organisation des compétitions. L’établissement doit juste mettre une salle à disposition pour construire le robot et s’acquitter des frais d’inscription de l’équipe à la compétition (250 euros). Les élèves peuvent alors rejoindre le programme proposé, quels que soient leurs résultats scolaires. Ils doivent juste démontrer leur intérêt pour le projet et leur envie de s’impliquer. L’activité est gratuite pour eux. Nous ne voulons pas qu’un quelconque frein financier puisse empêcher un jeune motivé de participer. Chaque talent doit avoir sa chance ! À la fin de la saison, au mois d’avril, les équipes de jeunes concourent à un défi robotique au cours duquel leurs robots doivent accomplir les épreuves prévues, dont le thème change chaque année. Un jury de salariés d’entreprises décerne, à cette occasion, des prix récompensant le travail global mené en équipes tout au long de l’année.

« Notre plus belle récompense est de donner aux jeunes un goût durable pour les sciences et les technologies. »
Stéphane THABOURET © 2022

  • Vous proposez deux grands programmes FIRST Tech Challenge et FIRST Robotic Competition. Quelles en sont les grandes lignes ?

A. de M. : Le FIRST Tech Challenge est notre programme phare, le plus fédérateur. Véritable porte d’entrée dans le monde de l’ingénierie, il cible les élèves de 12 à 18 ans. Ils construisent un robot de 50 cm3 au sein d’une équipe pouvant aller jusqu’à 15 jeunes. Concrètement, ils conçoivent, construisent, programment et pilotent ensuite leurs robots sur des terrains de jeu où s’affrontent des alliances. Accompagnés par des coaches et des mentors, les élèves développent les compétences liées aux sciences, technologies, ingénieries et mathématiques (STIM). Nous avons 50 équipes de jeunes inscrites. 

Notre second programme, FIRST Robotic Competition s’adresse aux jeunes âgés de 14 à 18 ans. Ils construisent un robot plus complexe allant jusqu’à 1 m3. Il demande un investissement financier et humain plus important. C’est pourquoi, nous n’avons que trois équipes inscrites en ce moment.

 

S.M. : Nous comptons un total de 800 jeunes inscrits dans nos deux programmes. Quand on compare ce nombre aux 25 de 2017 dont je parlais tout à l’heure, on mesure le chemin parcouru, en seulement deux ans et demi, par l’association. Née à Lyon, Robotique FIRST France couvre désormais une bonne partie du territoire métropolitain, avec des clusters dans plusieurs régions : Auvergne-Rhône-Alpes, bien sûr, mais aussi Provence-Alpes-Côte d’Azur, Occitanie, Île-de-France et Pays-de-la-Loire. Des responsables territoriaux accompagnent nos jeunes dans chaque cluster.

 

  • Robotique FIRST France est soutenue par la Fondation groupe EDF au titre du mécénat territorial. Quel est votre regard sur ce mécénat ?

 

S.M. En familiarisant les jeunes aux sciences et technologies pour les amener à penser à des études, et donc à des carrières scientifiques et techniques, nous apportons notre pierre à un défi clé pour la France. La désaffection pour les carrières scientifiques pèse, en effet, sur la compétitivité de l’économie et entrave l’innovation. Nous sommes très heureux que la Fondation groupe EDF soit sensible à notre action et nous soutienne. C’est grâce à des mécénats de ce type que nous pouvons proposer nos programmes à tous les établissements et aux jeunes quels que soient les milieux sociaux dont ils sont issus. La gratuité est fondamentale pour servir l’égalité des chances. Les dons nous permettent de financer les kits de robots, avec lesquels les jeunes travaillent toute l’année, ainsi que l’organisation du Défi Robotique, qui a lieu dans la région lyonnaise, en présence des jeunes venus de la France entière, qui sont bien sûr invités. Nous souhaitons que cet événement soit un moment fort, festif et mémorable pour nos jeunes, pour récompenser le travail, long et régulier, qu’ils ont fourni.

A. de M. : Outre le soutien financier de la Fondation groupe EDF, essentiel pour le fonctionnement de notre association, nous bénéficions de l’implication d’un salarié EDF dans le cadre du mécénat de compétences. Il nous aide, pendant une période de deux ans, dans la recherche de nouveaux partenaires. D’autres participations de collaborateurs et collaboratrices du Groupe sont également possibles, par exemple au sein de nos relais locaux pour accroître la présence de l’association auprès des établissements engagés ou encore en tant que mentors auprès des jeunes.

 

« En associant chercheurs, ingénieurs et industriels, nos programmes pédagogiques et éducatifs lèvent les freins et confrontent les jeunes à de vraies contraintes d’ingénierie. »

  • Nous sommes en début d’année. Quelles sont vos priorités pour 2024 ?

 

S.M. : La première consiste à continuer à accroître notre présence auprès des jeunes, en étendant notre maillage territorial dans les Hauts-de-France ou en Grand Est. Nous ferons cela en maintenant la qualité d’accompagnement dispensée dans nos programmes, à laquelle nous sommes très attachés. Pour nous, il est essentiel de préserver l’impact de nos actions. C’est pour cela que nous allons accroître le nombre de nos responsables territoriaux, grâce aussi au soutien de la Fondation groupe EDF.

 

A de M. : Pour 2025, nous envisageons de créer des éditions régionales du Défi Robotique, qui précéderaient la grande finale nationale, ce qui nous permettra d’être encore plus inclusifs. Pour pérenniser notre structure, nous cherchons également à nous adosser à de nouveaux partenaires de long terme. Un objectif que le salarié EDF qui nous accompagne nous aide à concrétiser. Notre action, dont nous mesurons par des études l’impact durable et positif, se conjugue, dans un temps long. 

L’impact First Robotique First en trois chiffres

– 98 % des jeunes participants ont augmenté leurs capacités de travail en équipe.
– 95 % des jeunes participants ont davantage confiance en eux.
– 75 % des alumni (anciens) étudient ou travaillent dans un domaine des sciences, technologies, ingénierie et informatique.

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